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L'IA, mon binôme de travail
Je travaille seul, et l'IA est devenue l'interlocuteur qui me manquait: elle double ou triple ma productivité, m'aide à apprendre des sujets durs et à discuter d'architecture. À condition de garder la main.

On parle beaucoup de l'IA comme d'un outil qui va remplacer les développeurs, ou comme d'un gadget qui écrit du code faux. Je ne me reconnais dans aucune des deux versions. Pour moi, c'est un compagnon de travail: un binôme toujours disponible, rapide, qui connaît un peu de tout, et dont il faut quand même relire le travail.
Voici comment je l'utilise au quotidien, et où je m'arrête.
Doubler, voire tripler ma productivité#
Le gain le plus visible est le temps. Une bonne partie du travail d'un développeur n'est pas de la réflexion pure: c'est du code de liaison, des tests à écrire, de la configuration, des renommages sur trente fichiers, de la documentation à remettre à jour. Tout ça, je le délègue volontiers.
Sur ces tâches, je ne vais pas deux fois plus vite parce que l'IA tape plus vite que moi. Je vais plus vite parce que je reste concentré sur ce qui compte: je décris ce que je veux, je relis ce qui revient, je corrige le tir. Mon rôle passe de l'écriture à la revue, et sur un projet de la taille de mes projets actuels, c'est ce qui me fait passer de « un jour » à « deux ou trois heures » sur pas mal de chantiers.
Apprendre, et démystifier#
C'est l'usage qui m'a le plus surpris. Face à un sujet complexe (la microstructure des marchés, un format de données binaire, un algorithme de rendu 3D), l'IA est un excellent professeur particulier:
- elle reformule autant de fois qu'il faut, sans jamais s'impatienter;
- elle part de mon niveau, pas de celui d'un manuel;
- je peux l'interrompre au milieu d'une explication pour demander « pourquoi? », ce qu'aucun livre ne permet.
Beaucoup de sujets paraissent inaccessibles surtout à cause de leur vocabulaire. Une fois les mots démystifiés, les idées sont souvent plus simples qu'elles n'en ont l'air. L'IA est très forte pour faire tomber ce premier mur.
Des recherches rapides#
Pour une question précise (« quelle option de ce compilateur fait ça? », « quelle différence entre ces deux formats? »), une conversation remplace souvent dix onglets ouverts. Je lui demande de citer ses sources quand ça compte, et je vais vérifier à la source dès qu'une décision en dépend.
Un interlocuteur pour l'architecture#
C'est, pour moi, le point le plus important. Je travaille seul. Pas de collègue à qui montrer un schéma au tableau, pas de revue de code, personne pour me dire « tu es sûr? » avant que je m'engage dans une mauvaise direction.
L'IA comble une bonne partie de ce manque. Avant un gros chantier, je lui expose le problème et ma solution envisagée, et je lui demande de la critiquer: ce qui va casser, ce que j'oublie, quelles alternatives existent. Elle ne décide pas à ma place, mais elle m'oblige à formuler mes idées clairement, et elle soulève régulièrement un cas que je n'avais pas vu.
Rien que d'expliquer une architecture à quelqu'un, même à une machine, la rend meilleure. Avec l'IA, en plus, l'autre répond.
Mes règles#
- Relire tout ce qui entre dans le projet, comme une pull request d'un collègue. Le code généré est mon code dès que je l'accepte.
- Donner du contexte. Une IA qui connaît le projet, ses conventions et ses contraintes répond beaucoup mieux qu'une IA à qui on pose une question isolée.
- Vérifier ce qui est vérifiable: tests, compilateur, mesures, sources officielles. Une réponse convaincante n'est pas une réponse juste.
- Rester capable de m'en passer. Si je n'arrive plus à avancer sans elle, c'est que je lui ai délégué la compréhension, pas le travail.
Ce que j'en retiens#
L'IA ne me remplace pas, elle m'augmente. Elle prend le volume, je garde le jugement. Et pour un développeur qui travaille seul, avoir enfin quelqu'un avec qui réfléchir à voix haute change vraiment la façon de travailler.
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